[J'ai assisté à la performance de Viande au Plancher (Antoine Boute et Hugues Warin) lors du Festival Expoésie 2007 à Périgueux. J'ai été émue par les mots jetés, les phrases tordues comme notre civilisation d'Antoine Boute, sa gestuelle rageuse, sa voix éructante sur une musique en baume apaisant de Hugues Warin. ]
http://www.myspace.com/viandeauplancher
antoine boute sent les détrituts et l'asphalte et le regard noir et les chiens errants
antoine boute est viande au plancher, canette vide, muscle avarié
antoine boute jaillit par sa tête,
antoine boute est un homme blanc, au corps étroit
antoine boute sur un matelas tâché
antoine boute git sur le sol
antoine boute, toujours lui, nous fait croire à sa mort dans une giclée de sperme
antoine boute est une violence terrée un azimut brutal un sac de peau farcie
antoine boute, guttural, commente notre hystérie, nos idées malaxées, nos chaises de camping, notre course haletante vers un poster mural
pendant que l'autre homme dépose en silence les frottements rugueux, les froissements électriques d'un rock malade sur les textes brisés.
Les interférences développent une atmosphère brune, enveloppante, qui s'allonge sur lui et le caresse en grimaçant, le grattant, le griffant, le déroutant.
Elle porte jusqu'à nous le corps de l'homme blanc, qui passe de main en main.
Ma voisine s'étonne et le prend sur son sein, une seconde, à peine.
Tu cries, antoine boute,le sexe malheureux,
Tu incinères les mots entassés dans la cour,
Tu craches l'épiderme des phrases ratées qui coulent dans nos caniveaux,
la poésie
au creux
des reins.
18 août 2008
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